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Violences sexuelles dans le sport : «Des Gilles Beyer, il y en a encore beaucoup»

Un article publié dans Le Parisien en janvier 2021, écrit par Romain Baheux (source)


Six femmes majeures au moment des faits supposés accusent Gilles Beyer, dont trois d’agression sexuelle.


L’ancien entraîneur de Sarah Abitbol a été mis en examen ce vendredi pour agressions et harcèlement sexuel. Une première avancée même si le problème des violences sexuelles dans le sport demeure toujours.

Près d'un an après la déflagration, c'est au tour de la justice de remettre un coup de projecteur sur les violences sexuelles dans le monde du sport. Ce vendredi, Gilles Beyer, l'homme au centre des accusations de viols du livre de son ex-athlète Sarah Abitbol « Un si long silence » (Plon), paru en janvier 2020, a été mis en examen pour agressions et harcèlement sexuels par personne ayant autorité après 48 heures d'une garde à vue commencée mercredi. Le juge d'instruction a également décidé de le placer sous contrôle judiciaire.

Dans le dossier constitué par les enquêteurs de la brigade de protection des mineurs, chargée de l'enquête ouverte en février par le parquet de Paris, six femmes majeures au moment des faits supposés accusent l'ex-coach du club des Français volants, dont trois d'agression sexuelle. Des accusations non-prescrites selon l'AFP, contrairement à celles de viols de la médaillée mondiale et d'une autre ancienne patineuse, Hélène Godard.

Contacté, l'avocat de Gilles Beyer, Thibault de Montbrial, se refuse à commenter la procédure à ce stade. Depuis le début de l'affaire, à l'origine de la démission du président de la fédération française des sports de glace (FFSG) Didier Gailhaguet et d'une libération sans précédent de la parole dans le sport français, l'ex-patineur s'est contenté d'un communiqué où il regrette « des relations inappropriées » avec Sarah Abitbol. Cette dernière a déclaré à l'Obs être « soulagée que la justice convoque Gilles Beyer », tout en regrettant la prescription de son cas.


«Ma fille a été dégoûtée de ce sport»

Je suis contente de voir que les choses avancent, un peu grâce à ma prise de parole », explique Sabina Mahamoud. Cet hiver, cette dernière avait accusé l'ex-entraîneur de lui avoir proposé à l'automne 2017 d'entraîner gratuitement sa fille Nadjma, championne de France junior, en l'échange de relations sexuelles. « J'ai longtemps eu peur de parler, parce que je pensais que je serais seule, glisse-t-elle. J'ai fait ça pour que les jeunes puissent patiner sereinement, sans avoir peur. Moi, ma fille, ça l'a dégoûtée de ce sport. Mais si notre histoire peut faire avancer les choses… »

« C'est bien, c'est toujours un d'attrapé, mais il reste les autres maintenant, souligne Véronique Lebar, présidente du comité Ethique et sport. Les choses se sont améliorées puisque le ministère ne nie plus le problème des violences sexuelles dans le sport, mais ça n'est pas la fin de l'omerta dans ce milieu. Des Gilles Beyer, il y en a encore beaucoup.

Au plus fort de l'attention médiatique il y a un an, cette médecin du sport habituée à récolter les récits de victimes de violences sexuelles a constaté « un pic de témoignages. Depuis, on en a entre 5 et 10 % de plus qu'avant. Or, on sait qu'il y a encore des histoires qui se cachent. Et des Sarah Abitbol qui souffrent ».

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